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Lancer un side-project en restant salarié (sans tout risquer)

4 juillet 2026 · 7 min

side project en restant salarié Image : Ivan Radic — Openverse (by)

Tu rentres d’une réunion qui n’aurait pas dû exister, tu regardes ton écran, et tu te dis que tu pourrais facturer ça toi-même — mieux, plus vite, à ton compte. Mais tu n’as pas envie de tout lâcher pour tester une idée qui tient peut-être pas la route.

Bonne nouvelle : tu n’as pas à choisir. Le side project en restant salarié, c’est précisément le moyen de valider avant de risquer. Voilà comment faire ça proprement, sans te griller ni perdre ton temps.

Ce que dit (vraiment) ton contrat

Avant de créer quoi que ce soit, ouvre ton contrat de travail et cherche deux choses : une clause d’exclusivité et une clause de non-concurrence.

La clause d’exclusivité t’interdit de travailler pour un tiers pendant la durée de ton contrat. Elle est légale, mais elle doit être explicite. Si elle n’est pas écrite noir sur blanc, elle n’existe pas. Et même quand elle existe, elle ne peut pas t’interdire d’exercer une activité qui n’est pas concurrente de celle de ton employeur. Un développeur web qui vend des formations en ligne à des particuliers, par exemple, n’empiète pas sur l’activité d’une agence de communication.

La clause de non-concurrence, elle, s’applique après la rupture du contrat — pas pendant. Elle ne te concerne pas encore.

Ce que la loi française impose en revanche, c’est la loyauté envers ton employeur : tu ne peux pas démarcher ses clients, utiliser ses ressources (temps de travail, matériel, données) ni lui faire de concurrence directe. Hors de ça, tu es libre.

Mon conseil : si tu as un doute sur ta clause, envoie ton contrat à un avocat en droit du travail pour une lecture rapide — ça coûte 150-300 € et ça t’évite une mauvaise surprise.

Une fois que tu sais que tu peux avancer, crée ta micro-entreprise. C’est la structure par défaut pour un side project : zéro frais fixe, création en 24h sur autoentrepreneur.urssaf.fr, et des charges uniquement sur ce que tu encaisses. Le calculateur de statut juridique peut t’aider à confirmer que c’est bien le bon choix pour ta situation.

Choisir un projet compatible avec un temps limité

Le piège classique : choisir un projet trop ambitieux pour 1h par jour. Tu veux construire une plateforme SaaS avec abonnement, onboarding, support client et roadmap produit — tout ça le soir après le boulot. Résultat : tu avances de 50 % pendant deux semaines, tu t’épuises, tu lâches.

Un bon side project de salarié a trois caractéristiques :

Il est livrable rapidement. Pas en 6 mois — en 4 à 8 semaines. Une mission de conseil, un audit, un template, une formation courte, un service récurrent simple. Quelque chose que tu peux vendre avant même d’avoir tout fini.

Il s’appuie sur ce que tu sais déjà. Le side project n’est pas le moment d’apprendre un nouveau métier. C’est le moment de monétiser ce que tu maîtrises déjà — une compétence que ton employeur te paie depuis des années, et que des clients externes paieraient aussi.

Il ne dépend pas de toi 24h/24. Si ton projet nécessite une disponibilité immédiate (support client en temps réel, astreintes, livraisons urgentes), il est incompatible avec un emploi à plein temps. Oriente-toi vers des livrables asynchrones : rapports, contenus, audits, code, formations.

Côté prix : ne sous-facture pas parce que tu te sens illégitime. Le calculateur de TJM te donne un plancher réaliste selon ton profil. Un consultant qui facture 400 €/jour deux jours par mois, c’est déjà 800 € net supplémentaires — de quoi tester sans pression.

L’IA pour avancer en 1h/jour

Le vrai problème du side project en parallèle d’un emploi, ce n’est pas le manque de motivation — c’est la charge cognitive. Tu arrives fatigué, tu dois rédiger une proposition commerciale, répondre à un prospect, préparer un livrable, tenir ta compta. En une heure, tu n’as le temps de faire qu’une chose bien.

C’est là que l’IA devient utile — pas comme magie, mais comme déchargeur de friction.

Rédaction de propositions commerciales. Donne à Claude ou ChatGPT le contexte du client, ton offre, ton prix, et demande-lui une première version structurée. Tu relis, tu ajustes le ton, tu envoies. Ce qui prenait 45 minutes tombe à 15.

Réponses aux prospects. Un email de relance, une réponse à une objection sur le prix, un message de suivi après un appel — l’IA génère un brouillon que tu personnalises en 5 minutes.

Structuration de tes livrables. Tu as une idée de formation ou d’audit dans la tête, mais pas de plan. Décris ton expertise et ta cible à l’IA, demande-lui un plan en 5 parties avec les points clés de chaque section. Tu obtiens une ossature solide en 3 minutes, tu remplis le fond toi-même.

Ce que l’IA ne fait pas à ta place : trouver tes premiers clients, construire ta réputation, décider de ton positionnement. Ces trois choses demandent ton jugement, ton réseau, ta présence. L’IA porte la charge administrative — toi tu gardes la tête sur le cœur du métier.

Consulte la boîte à outils demar.re pour une sélection des outils qui s’intègrent bien dans un workflow de side project minimaliste.

Le signal qui dit que tu peux sauter

Beaucoup de gens attendent d’avoir “assez confiance” pour démissionner. Mauvaise boussole. La confiance ne se décide pas — les chiffres, si.

Voici les signaux concrets à surveiller :

Signal 1 — Le revenu tient dans la durée. Ton side project génère 50 à 70 % de ton salaire net sur au moins 3 mois consécutifs. Pas un mois exceptionnel, trois mois stables. C’est le seuil à partir duquel le saut devient rationnel plutôt que courageux. Le calculateur salaire-vers-freelance te permet de convertir ce chiffre en TJM cible.

Signal 2 — Tu as des clients récurrents, pas juste des projets one-shot. Un client qui revient chaque mois, ou un contrat de plusieurs mois, vaut dix fois une mission unique. La récurrence, c’est ce qui te permet de démissionner sans sauter dans le vide.

Signal 3 — Tu refuses des missions faute de temps. C’est le signal le plus clair. Si tu dois dire non à des clients potentiels parce que tu n’as plus de créneau, tu es en train de plafonner artificiellement ton activité. À ce stade, rester salarié te coûte de l’argent.

Signal 4 — Tu as 3 mois de trésorerie de côté. Pas pour vivre dans le luxe — pour absorber un mois creux sans paniquer et accepter les mauvais clients. Trois mois de charges fixes couvertes, c’est le minimum pour négocier sereinement.

⚠️ Un dernier point honnête : certains side projects ne décollent pas. Pas parce que l’idée est mauvaise, mais parce que le marché est trop étroit, le timing pas bon, ou l’exécution insuffisante dans le temps disponible. Si après 4 à 6 mois d’effort régulier tu n’as toujours pas trouvé un premier client payant, ce n’est pas un problème de motivation — c’est un signal sur le projet lui-même. Pivoter ou arrêter est une décision rationnelle, pas un échec.


Le side project en restant salarié, c’est la meilleure façon de tester la réalité du marché avec un filet de sécurité. Pas pour toujours — mais le temps de savoir si ton idée tient debout face à de vrais clients.

Si tu veux voir comment un dev freelance structure ce genre de transition dans la pratique, jette un œil au travail de Sébastien de Bollivier.

FAQ

Est-ce légal de facturer des clients quand on est salarié ?

Oui, dans la plupart des cas. La loi n'interdit pas le cumul emploi-activité indépendante. Ce qui peut l'interdire, c'est une clause d'exclusivité dans ton contrat — vérifie-la. Si elle existe, elle ne s'applique généralement qu'aux activités concurrentes de ton employeur. En micro-entreprise, tu peux démarrer sans quitter ton poste.

Quel statut choisir pour un side project ?

La micro-entreprise est quasi systématiquement la bonne réponse pour démarrer : création en ligne en 24h, pas de comptable obligatoire, charges calculées uniquement sur le chiffre d'affaires encaissé (22 % pour les services). Si tu ne factures rien, tu ne paies rien. Tu bascules vers une structure plus solide (SASU, EURL) quand tu dépasses 30-40 k€/an ou que tu veux te verser un salaire.

À partir de quel revenu side project peut-on envisager de démissionner ?

Un repère courant : quand ton side project génère 50 à 70 % de ton salaire net pendant 3 mois consécutifs, le saut devient rationnel. En dessous, tu prends un risque de trésorerie réel. Utilise le calculateur salaire-vers-freelance pour estimer le revenu brut à atteindre pour égaler ton net actuel.

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